Annuaire / Recherche chocolat :





Menu chocolat

Dans la Catégorie cuisine

A découvrir

www.monde-diplomatique.fr

www.monde-diplomatique.fr





  • Ces biberons qui tuent, par Claire Brisset (Le Monde diplomatique) :: lait poudre

    Apercu : Malgré les dangers que recèle, dans les pays du tiers-monde, lallaitement à base de poudre de lait, une publicité ciblée vise à séduire les femmes. On assiste ainsi à un recul de lallaitement au sein, ainsi quà une régression de sa durée, deux facteurs majeurs dans la persistance de la malnutrition. Organisation mondiale de la santé avaient adopté en 1981 un code destiné à contrecarrer les pratiques commerciales abusives qui incitent les femmes à acheter des substituts de lait, chers et inadaptés. Francfort mettait au point un produit auquel il prédisait un certain avenir : un mélange de farine et de lait de vache déshydraté, destiné à lalimentation des nourrissons. Nord se couvrait alors dusines, les ouvrières y affluaient, délaissant par force lallaitement au sein pour confier leurs nouveau-nés à des nourrices. Nestlé avait-il pressenti limmense succès, la fortune mondiale que ses travaux laissaient présager ? Toujours est-il quil sagissait là dune découverte essentielle qui devait permettre - aurait dû permettre - à la nutrition humaine daccomplir des pas de géant. Cest pourtant là lhistoire dune découverte dévoyée. Xe siècle la firme qui porte son nom et quelques autres de dimensions comparables seraient très vertement critiquées pour non-respect de léthique et des règles élémentaires de nutrition des nourrissons ? Code international de commercialisation des substituts du lait maternel signé il y a seize ans. Cest au début des années 70 que la stratégie commerciale utilisée par les grandes multinationales des aliments pour nourrissons est apparue au grand jour. Nestlé occupait une place de choix, devenue lune des toutes premières entreprises du monde, avec un chiffre daffaires supérieur au budget. Ces multinationales de lagroalimentaire avaient en effet observé quun obstacle de taille entravait leur pénétration commerciale dans de nombreux pays, notamment dans le tiers-monde : les mères, qui sobstinaient à allaiter leurs enfants. Nestlé -, alors que leurs autres activités connaissaient une croissance exponentielle. Quelle meilleure méthode que de faire le siège des lieux où elles se rendent avant, pendant et juste après laccouchement, cest-à-dire les hôpitaux et les maternités ? Cest ainsi que les multinationales revêtirent dune blouse blanche des milliers de représentants de commerce, des femmes surtout, et les dirigèrent vers les maternités du tiers-monde pour convaincre les mères de la supériorité de lalimentation artificielle. La même stratégie fut utilisée à légard des personnels des hôpitaux, gratifiés au passage de primes et de cadeaux. Les établissements de soins, les services de maternité, sous- équipés, vétustes, reçurent eux aussi divers matériels, une pluie déchantillons, et même des dotations en boîtes de lait. Les mères repartaient chez elles nanties à la fois de lait en poudre, de biberons, de tétines, du mode demploi et de la conviction que leur enfant se porterait mieux grâce au lait industriel. Cest ce que lon ne tarda pas à appeler la culture du biberon. Partout dans le monde, cette culture a marqué des points. Depuis une trentaine dannées, parallèlement, lallaitement au sein na cessé de décliner : moins de la moitié des femmes (44 %) allaitent aujourdhui leurs enfants dans le tiers-monde. A léchelle mondiale, le pourcentage est plus faible encore, environ un tiers. La supériorité biologique du lait maternel nest pourtant plus à démontrer. Les nutritionnistes savent depuis longtemps que le lait humain contient des anticorps maternels qui protègent lenfant de quantité dinfections. En particulier le colostrum, sécrété par la mère dans les heures et les quelques jours qui suivent la naissance, est un puissant produit anti-infectieux. Le lait maternel contient en outre lintégralité des éléments nutritifs dont le bébé a besoin ; lidéal est de ne lui apporter aucun complément pendant les quatre à six premiers mois de la vie, pas même de leau. A linverse, lallaitement artificiel suppose à lévidence lutilisation deau, une eau très rarement pure dans le tiers-monde ; il faut donc la faire bouillir au moins vingt minutes pour en éliminer tous les micro-organismes. Avec quelle énergie, sinon du bois ou un combustible acquis à grands frais ? Il faut aussi que la famille dispose des moyens nécessaires à lachat des boîtes de lait ; faute de quoi la tentation est grande de diluer exagérément la poudre, et la malnutrition sinstalle. Les risques sanitaires imputables à lallaitement artificiel sont donc doubles : il provoque, dune part, de multiples agressions microbiennes, virales et parasitaires dues à leau souillée, au biberon non désinfecté, à labsence de moyens de conservation ; il entraîne, dautre part, une malnutrition massive due à lexcessive dilution du lait en poudre. Unicef, quà lheure actuelle un million et demi denfants meurent chaque année des effets directs ou indirects de lalimentation au biberon. Une grande majorité de ces enfants sont emportés par des déshydratations diarrhéiques, mais aussi par des maladies respiratoires dont la gravité aurait été atténuée par lallaitement maternel. En outre, celui-ci joue un rôle anticonceptionnel non négligeable, surtout lorsquil est exclusif, car la production dhormones féminines sopposant au retour de lovulation est stimulée par la succion de lenfant. Enfin, au cours de lallaitement se tissent des liens particulièrement forts entre la mère et son nouveau-né, et le développement psychique de ce dernier ne peut quen bénéficier. Nestlé tue les bébés », qui vaudra à ses auteurs un procès retentissant pour diffamation. Mais il fallait faire davantage et en particulier concevoir un code de conduite destiné à moraliser les pratiques de lindustrie du lait. Le code international de commercialisation de substituts du lait maternel nen était pas moins en vigueur. Entre autres, dinterdire toute publicité, visible ou déguisée, en faveur des poudres de lait, notamment dans les établissements de soins ; de prohiber toute distribution de produits gratuits, même sous forme déchantillons ; de mentionner systématiquement la supériorité du lait maternel sur toutes les boîtes de lait vendues dans le commerce. Et lindustrie, ainsi placée sous surveillance, signa elle-même le code, annonçant aussitôt quelle veillerait directement à son application par ses membres. Les pratiques commerciales les plus voyantes furent en effet mises en sourdine pendant quelques années et le boycottage sestompa. Il sagissait de faire le point sur lapplication du code, grâce à une enquête approfondie. Thaïlande, auprès de 800 jeunes mères dans chaque pays et de 120 agents de santé, dans 40 établissements. Toutes, elles continuent à distribuer des tracts donnant de lallaitement maternel une image négative, présentant les laits en poudre comme préférables pour les nourrissons ; toutes continuent à distribuer des échantillons et des boîtes de lait, et envoient leur personnel dans les maternités pour distribuer de linformation. Dans ce dernier pays, plus du quart des jeunes mères et la moitié des membres du personnel avaient reçu des échantillons de lait en poudre ; un tiers des établissements avaient obtenu des dons en lait en poudre. Bangladesh, pays les plus pauvres de léchantillon, dont les maternités sont sous-équipées et le personnel très mal payé. Sud, la stratégie est plus diversifiée et les femmes sont visées à lintérieur comme à lextérieur du système de soins. Que vont décider, à nouveau, les défenseurs de la cause des enfants ? Dix « conditions » ont été définies, telles que : commencer lallaitement juste après la naissance de lenfant, ne jamais lui donner de tétine ni de biberons, interdire la présence de pseudo- infirmières payées par les firmes, etc. Les établissements qui remplissent les dix points sont officiellement déclarés « hôpitaux amis des bébés ». Dores et déjà des milliers de maternités dans le monde sont entrées dans ce réseau. Mais il est évident quil faut faire plus. Par exemple une enquête complémentaire devrait toucher bien davantage de pays. France - signataire du code -, se pratique la méthode dite du « tour de lait », en violation flagrante des dispositions du code. En échange, pendant cette période, les nouveau-nés recevront exclusivement le lait de la marque dont cest le « tour », et chaque mère ressortira de la maternité avec des produits de la marque en cause. Le mois ou le trimestre suivant, ce sera le « tour » dune autre marque. France, les deux tiers des bébés sont nourris au lait en poudre. Cette pratique viole une multitude de textes, y compris une directive européenne entrée en vigueur en 1994. Mais chacun, sauf lenfant, y trouve son compte. Les partisans de lallaitement maternel ne contestent pas la nécessité du lait en poudre ou des aliments de sevrage dans des conditions bien déterminées : dans les cas, très rares, dune intolérance physiologique du nouveau-né au lait maternel ; dans les cas, beaucoup plus nombreux, où des conflits armés ont privé les enfants de leur mère. Dans tous les autres cas, disent-ils, les femmes doivent être encouragées à allaiter elles-mêmes - y compris dans les pays industrialisés. De toute façon, peut-on ajouter, il sagit là de leur liberté. Cette liberté ne concerne quelles et leurs enfants. Parmi les 29 organisations qui composent l? Children et les bureaux européens de l? France environ 750 000 enfants, presque tous dans des établissements de soins.

    Voir Ces biberons qui tuent, par Claire Brisset (Le Monde diplomatique)
  • Tempête sur le cacao de Côte d?Ivoire, par Anna Bednik (Le Monde diplomatique) :: cote d ivoire cacao

    Apercu : Comme depuis vingt-cinq ans, il s? Parmi les conditions posées par les bailleurs de fonds, figure la réforme de la filière café-cacao. Il représente 40 % de la production mondiale. Le cacao se trouve ainsi au centre d? Etat engrange des bénéfices importants. Caistab) des prix du cacao et du café qui fixe les prix d? Caistab compense la baisse éventuelle des cours auprès des exportateurs et continue à payer le prix garanti aux planteurs. Le cacao alimente un système clientéliste « éclairé » où la rente profite au plus grand nombre et fait partie intégrante du « miracle ivoirien » des vingt premières années de l? En effet, en plus de financer les principales infrastructures du pays, l? Ivoire est frappée de plein fouet par les bouleversements des marchés internationaux des produits de base dans les années 1980 : dérégulation, émergence de groupes privés d? Lorsque les cours chutent brutalement en 1985, le système cacao s? Ivoire, incapable de payer ses dettes renchéries par l? Cette dernière prendra une décennie et s? Caistab, bête noire des financiers internationaux, disparaît définitivement. Caistab, les producteurs devaient recevoir une plus grande part du prix mondial. Cependant, la disparition de la caisse met aussi fin à l? Il ne reste aux planteurs, au bout de la chaîne, qu? Leurs revenus, déjà réduits par la baisse du prix garanti, fondent comme neige au soleil. Pedro, les cours remontent de nouveau, atteignant jusqu? Mais la hausse est de courte durée. Nord, loin de la principale « boucle du cacao ». Au final, depuis les années du « miracle », le prix d? Quant aux exportateurs locaux, ils ne sont pas mieux armés face aux grands groupes de taille mondiale qui prennent pieds sur le marché ivoirien du cacao, autrefois dominé par des entreprises françaises. La libéralisation donne le coup d? Callebaut, elles sont désormais les principaux opérateurs étrangers. Leurs moyens et leurs pratiques, comme l? Etat ivoirien de son principal levier de régulation sociale. Ce bouleversement explique, entre autres facteurs, l? Sud, en lieu et place des rétributions matérielles et de la promesse d? Cependant, en dépit de la crise politique qui dure depuis septembre 2002, le cacao représente toujours en moyenne 40 % de l? Un nouveau dispositif de contrôle, plus conforme aux souhaits des bailleurs de fonds internationaux, a été mis en place. Anaproci), qui regroupe les représentants des planteurs. En 2006, un rapport commandé par l? Union européenne fait état d? En effet, les prélèvements se multiplient, ainsi que les effectifs des nouveaux organismes. Les planteurs, quant à eux, perçoivent moins pour chaque kilo de cacao vendu que ne leur coûtent les diverses taxes cumulées. Unis, 30 autres milliards (4,5 millions d? Las de voir leurs économies partir en fumée, les producteurs feront grève et bloqueront la production en septembre 2004. Gbagbo sera alors contraint de couper dans les budgets de plusieurs structures. Gbagbo avait déjà dû instaurer un comité de pilotage et de suivi, destiné à améliorer la gestion de la filière. Aucune proposition de ce comité n? En attendant, pour vendre au meilleur prix et éviter les rackets sur les routes, de plus en plus de producteurs ivoiriens s? Que faire de la manne pétrolière ?

    Voir Tempête sur le cacao de Côte d?Ivoire, par Anna Bednik (Le Monde diplomatique)
hebergeur : nikozen